Un pare-chocs enfoncé sur un parking, un pare-brise fissuré par un éclat de gravier, un véhicule disparu du bas de votre immeuble un matin de janvier — quel que soit le scénario, la réaction immédiate est souvent identique : un mélange de stupeur et d’agacement. Puis vient l’inévitable question, celle que tout conducteur finit par se poser tôt ou tard : comment déclarer ça à mon assurance, et par où commencer ?
La réponse tient en grande partie dans un document que beaucoup négligent ou expédient en quelques lignes : la lettre de déclaration de sinistre automobile. Ce courrier, souvent perçu comme une simple formalité administrative, est en réalité le pivot de toute procédure d’indemnisation. Mal rédigée, incomplète ou envoyée hors délai, cette lettre peut suffire à réduire à néant vos chances d’être remboursé, même si votre couverture contractuelle est parfaitement adaptée à votre situation.
Ce guide a été conçu pour vous permettre de comprendre l’utilité réelle de ce document, de connaître les délais légaux applicables et de rédiger une lettre solide, adaptée à votre situation — accident, vol, bris de glace ou catastrophe naturelle. Vous y trouverez également des modèles directement utilisables, construits sur la base des exigences communément posées par les compagnies d’assurance françaises.

Pourquoi rédiger une lettre de déclaration de sinistre auto ?
Avant d’entrer dans les détails pratiques, il est utile de comprendre pourquoi ce document existe et ce qu’il produit concrètement sur le plan juridique et contractuel. Car si certains assureurs acceptent aujourd’hui une déclaration par téléphone ou via une application mobile, la lettre écrite reste, dans bien des situations, le seul outil véritablement fiable pour protéger vos intérêts.
Une obligation légale pour déclencher votre indemnisation
En France, l’obligation de déclarer un sinistre à son assureur est fixée par l’article L113-2 du Code des assurances. Ce texte impose à tout assuré de notifier son assureur dès qu’il a connaissance d’un sinistre couvert par son contrat, dans les délais prévus à cet effet. Il ne s’agit pas d’une simple recommandation de bon sens : c’est une condition contractuelle dont le non-respect peut légitimement justifier un refus d’indemnisation.
La lettre écrite remplit cette obligation de manière formelle et traçable. Contrairement à un appel téléphonique dont il ne reste aucune trace exploitable en cas de litige, un courrier recommandé avec accusé de réception constitue une preuve irréfutable que vous avez informé votre assureur dans les formes et dans les temps. C’est ce document que vous pourrez produire devant un médiateur ou un juge si la compagnie conteste ultérieurement avoir été avisée.
Par ailleurs, la lettre de déclaration joue un rôle déclencheur dans le processus d’indemnisation : c’est elle qui permet à l’assureur de mandater un expert automobile chargé d’évaluer les dommages subis et de déterminer le montant des réparations. Sans elle, la machine administrative ne se met tout simplement pas en marche.
La lettre recommandée avec AR : votre preuve écrite irréfutable
Si la forme de la déclaration — téléphone, espace client en ligne, courrier — est théoriquement libre dans de nombreux contrats, l’envoi d’une lettre recommandée avec accusé de réception reste systématiquement conseillé par les professionnels du droit et les associations de consommateurs. Et pour cause : en cas de désaccord avec votre assureur sur la date de déclaration ou sur les informations transmises, c’est le cachet de La Poste qui fera foi.
Cette précaution devient particulièrement précieuse lorsque le sinistre est grave, lorsqu’un tiers est impliqué ou lorsque les circonstances de l’accident sont susceptibles d’être contestées. Un accident responsable, un vol dont les preuves sont minces, un dossier où le partage des torts est ambigu — dans tous ces cas, la lettre recommandée avec AR est votre bouclier.
Conserver précieusement une copie de cette lettre, avec l’accusé de réception signé, pendant toute la durée de la procédure est également une habitude à prendre. Les délais de traitement pouvant parfois s’étirer sur plusieurs semaines, il n’est pas rare que des documents échangés en début de dossier ressurgissent comme éléments déterminants à des stades ultérieurs.
Modèle de lettre de déclaration de sinistre pour un accident de voiture
L’accident de la route est, de loin, le sinistre automobile le plus fréquent. Qu’il s’agisse d’une légère égratignure sur un parking, d’un carambolage à une intersection ou d’une sortie de route sans tiers impliqué, la procédure de déclaration suit des règles précises qu’il convient de respecter scrupuleusement.

Accident avec un autre conducteur : que mentionner ?
Lorsqu’un second véhicule est impliqué, la déclaration de sinistre vient en complément du constat amiable que vous aurez — normalement — rempli et signé sur les lieux avec le conducteur adverse. Ces deux documents ne font pas double emploi : le constat amiable décrit schématiquement la configuration de l’accident, tandis que la lettre de déclaration vous permet d’apporter des précisions circonstancielles que le formulaire standardisé ne permet pas d’exprimer.
Dans votre lettre, mentionnez systématiquement les éléments suivants : la date exacte, l’heure et le lieu précis du sinistre ; les conditions météorologiques et l’état de la chaussée au moment des faits ; la direction de circulation de chaque véhicule ; les règles de priorité applicables et leur respect par les parties ; l’identité complète du tiers impliqué, le numéro de sa plaque d’immatriculation et le nom de sa compagnie d’assurance ; la liste détaillée des dommages visibles sur votre véhicule ainsi que les dommages corporels éventuels, aussi minimes soient-ils. Précisez enfin si des témoins étaient présents, en indiquant leurs coordonnées.
Ne cédez pas à la tentation de minimiser certains faits ou d’omettre des éléments qui vous semblent défavorables. L’expert mandaté par votre assureur analysera l’ensemble du dossier — photos, témoignages, rapport de police le cas échéant — et toute incohérence entre votre déclaration et les preuves matérielles peut être interprétée en votre défaveur.
Accident en l’absence de constat amiable : la déclaration circonstanciée
Il existe des situations où le constat amiable ne peut pas être établi : l’autre conducteur a pris la fuite, il refuse catégoriquement de signer, vous avez eu un accident solo sans tiers identifiable, ou votre véhicule stationné a été percuté en votre absence. Dans ces cas, c’est votre lettre de déclaration qui fait office de constat et qui doit, par conséquent, être particulièrement détaillée.
On parle alors de déclaration circonstanciée. Ce type de lettre doit reconstituer les circonstances de l’accident avec une précision quasi chronologique : le trajet que vous effectuiez, la manœuvre en cours au moment de l’impact, la vitesse approximative, la présence ou l’absence de signalisation, la position finale des véhicules. Plus votre récit sera précis, objectif et cohérent avec les éventuelles pièces jointes — photos, témoignages écrits signés — plus votre dossier aura de chances d’aboutir à une indemnisation satisfaisante.
En cas de délit de fuite, pensez à déposer plainte auprès des forces de l’ordre dès que possible. Le récépissé de ce dépôt de plainte constitue une pièce justificative importante à joindre à votre déclaration.
Exemple de lettre prêt à l’emploi
[Votre Nom et Prénom] [Votre adresse complète] [Code postal – Ville] [Numéro de téléphone] [Adresse e-mail] Police d'assurance n° [numéro de contrat] [Ville], le [date] [Nom de la compagnie d'assurance] [Adresse de l'assureur] [Code postal – Ville] Objet : Déclaration de sinistre automobile – Accident de la route Envoi : Lettre recommandée avec accusé de réception Madame, Monsieur, Je soussigné(e) [Nom Prénom], titulaire du contrat d'assurance automobile n° [numéro de contrat] couvrant le véhicule [marque, modèle, immatriculation], vous informe par la présente de la survenance d'un sinistre dans les circonstances suivantes. Le [date du sinistre] à [heure précise], alors que je circulais [direction, voie, rue/avenue] à [ville ou commune], mon véhicule a été impliqué dans un accident avec le véhicule [marque, immatriculation] conduit par M./Mme [nom du tiers], assuré auprès de [nom de la compagnie adverse]. Les circonstances détaillées de l'accident sont les suivantes : [Description précise et chronologique des faits : position des véhicules, manœuvres effectuées, signalisation, conditions de visibilité, état de la chaussée, etc.] Dommages constatés sur mon véhicule : [Liste précise des dégâts visibles : carrosserie, mécanique, équipements] Dommages corporels éventuels : [Précisez si vous ou vos passagers avez subi des blessures, même légères] Témoins présents : [Nom, prénom et coordonnées des témoins le cas échéant, ou mention « Aucun témoin identifié »] Vous trouverez en pièce jointe : – Un exemplaire du constat amiable signé par les deux parties (ou mention « Aucun constat établi – déclaration circonstanciée ») – Les photographies des dommages et du lieu du sinistre – [Tout autre document utile : rapport de police, témoignages signés, etc.] Je vous remercie de bien vouloir prendre en charge ce sinistre dans les meilleurs délais et reste à votre disposition pour tout renseignement complémentaire. Dans l'attente de votre retour, veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées. [Signature] [Nom Prénom]
Modèle de lettre de déclaration de sinistre pour un vol de voiture
Le vol de véhicule est une expérience particulièrement déstabilisante, notamment lorsqu’il survient sans le moindre signe avant-coureur. Devoir se rendre au travail, gérer les démarches administratives et parallèlement entamer une procédure d’assurance peut vite tourner au cauchemar si l’on ne connaît pas les règles du jeu.

Délai de 48h et dépôt de plainte : les étapes indispensables
En matière de vol de véhicule, la rapidité est absolument déterminante. La loi française, via l’article L113-2 du Code des assurances, autorise les assureurs à réduire le délai de déclaration à 2 jours ouvrés à compter du moment où vous avez constaté le vol — et non à compter de la date réelle du vol si vous n’en étiez pas encore informé. En pratique, la grande majorité des contrats applique ce délai de 48 heures.
Avant même de rédiger votre lettre, deux démarches sont absolument prioritaires. La première est le dépôt de plainte auprès du commissariat de police ou de la brigade de gendarmerie la plus proche. Ce dépôt est obligatoire : sans le récépissé correspondant, votre compagnie d’assurance sera en droit de refuser la prise en charge du sinistre. La seconde démarche consiste à rassembler tous les documents relatifs au véhicule — carte grise, certificat d’assurance, facture d’achat — ainsi que l’intégralité des clés d’origine du véhicule, que vous devrez remettre à votre assureur.
Cette dernière exigence sur les clés étonne souvent les assurés, mais elle est systématique : elle permet à l’assureur de vérifier que le vol n’a pas été facilité par une négligence caractérisée du propriétaire, ce qui constituerait une clause d’exclusion dans la plupart des contrats.
Modèle de lettre pour déclaration de vol automobile
[Votre Nom et Prénom] [Votre adresse complète] [Code postal – Ville] [Numéro de téléphone] [Adresse e-mail] Police d'assurance n° [numéro de contrat] [Ville], le [date] [Nom de la compagnie d'assurance] [Adresse de l'assureur] [Code postal – Ville] Objet : Déclaration de sinistre – Vol de véhicule automobile Envoi : Lettre recommandée avec accusé de réception Madame, Monsieur, Je soussigné(e) [Nom Prénom], titulaire du contrat d'assurance auto n° [numéro de contrat], vous déclare le vol de mon véhicule [marque, modèle, immatriculation] dans les circonstances suivantes. J'ai constaté la disparition de mon véhicule le [date] à [heure approximative], alors que celui-ci était stationné [lieu précis du stationnement : rue, parking, résidence, etc.] depuis le [date et heure du dernier stationnement connu]. Le véhicule présentait l'état suivant au moment du vol : [Précisez : kilométrage approximatif, état général, équipements particuliers (autoradio, GPS intégré, accessoires), présence ou non d'antivol supplémentaire] J'ai immédiatement déposé plainte auprès de [commissariat / brigade de gendarmerie] de [ville], le [date du dépôt de plainte]. Le récépissé correspondant est joint au présent courrier. Vous trouverez en pièce jointe : – Le récépissé du dépôt de plainte (original ou copie) – La copie de la carte grise du véhicule – L'ensemble des clés d'origine en ma possession – [Tout document complémentaire : facture d'achat, photos du véhicule, attestation d'antivol, etc.] Je vous remercie de bien vouloir enclencher la procédure d'indemnisation dans les délais prévus par notre contrat et reste disponible pour toute information complémentaire. Dans l'attente de votre retour, veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées. [Signature] [Nom Prénom]
Modèle de lettre de déclaration de sinistre pour un bris de glace
Le bris de glace est l’un des sinistres automobiles les plus courants — et paradoxalement, l’un des moins bien déclarés. Beaucoup d’assurés pensent à tort qu’un simple impact sur le pare-brise se règle en passant directement chez un réparateur agréé sans déclarer quoi que ce soit à leur assureur. C’est une erreur qui peut, selon les contrats, entraîner le refus de la prise en charge.
Bris de glace simple vs. lié à un acte de vandalisme : quelle différence ?
La distinction entre un bris de glace ordinaire et un bris de glace consécutif à un acte malveillant est importante, car elle détermine à la fois la garantie mobilisée et les démarches à effectuer.
Dans le cas d’un impact ou d’une fissure résultant d’un éclat de chaussée projeté par un autre véhicule, d’une chute d’objet ou d’une cause accidentelle non identifiée, c’est la garantie bris de glace qui s’applique — à condition qu’elle figure dans votre contrat. Cette garantie est généralement incluse dans les formules intermédiaires et tous risques, et peut être souscrite en option dans les formules au tiers.
En revanche, si le bris résulte d’un acte de vandalisme — vitre brisée à coup de pierre, pare-brise fracassé par un objet contondant — c’est une situation différente qui exige, comme pour un vol, un dépôt de plainte préalable auprès des forces de l’ordre. Le délai de déclaration est alors réduit à 2 jours ouvrés à compter de la découverte des dégâts.
Une règle s’applique dans les deux cas : contactez votre assureur avant d’entreprendre la moindre réparation. Même si certains assureurs acceptent de régulariser la situation a posteriori, d’autres exigent explicitement leur accord préalable. En cas de doute, un coup de téléphone à votre conseiller avant de prendre rendez-vous chez le réparateur peut vous éviter bien des déconvenues.
Modèle de lettre pour bris de glace
[Votre Nom et Prénom] [Votre adresse complète] [Code postal – Ville] [Numéro de téléphone] [Adresse e-mail] Police d'assurance n° [numéro de contrat] [Ville], le [date] [Nom de la compagnie d'assurance] [Adresse de l'assureur] [Code postal – Ville] Objet : Déclaration de sinistre – Bris de glace Envoi : Lettre recommandée avec accusé de réception Madame, Monsieur, Je soussigné(e) [Nom Prénom], titulaire du contrat d'assurance automobile n° [numéro de contrat] pour le véhicule [marque, modèle, immatriculation], vous informe par la présente d'un sinistre de type bris de glace survenu dans les circonstances suivantes. Le [date] à [heure approximative], j'ai constaté les dommages suivants sur les parties vitrées de mon véhicule : [description précise : pare-brise, lunette arrière, vitre latérale droite/gauche, toit panoramique — précisez la nature des dégâts : impact, fissure, éclat, bris total]. Circonstances du sinistre : [Décrivez comment le bris s'est produit : éclat de route lors d'un trajet, découverte des dégâts au stationnement, acte de vandalisme — si vandalisme, précisez les circonstances et joignez le récépissé du dépôt de plainte] Lieu du sinistre : [adresse ou lieu précis où le véhicule se trouvait] Le véhicule est actuellement [roulant / non roulant] et se trouve [adresse où le véhicule peut être inspecté si nécessaire]. Vous trouverez en pièce jointe : – Des photographies des dommages constatés – [En cas de vandalisme : récépissé du dépôt de plainte] – [Tout autre document utile] Je vous remercie de bien vouloir me communiquer les démarches à suivre pour la réparation ou le remplacement des éléments endommagés, ainsi que les modalités de prise en charge applicables à mon contrat. Dans l'attente de votre retour, veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées. [Signature] [Nom Prénom]
Modèle de lettre pour sinistre auto suite à une catastrophe naturelle
Les sinistres liés aux catastrophes naturelles — inondations, tempêtes, grêle, coulées de boue, séismes — occupent une place à part dans le droit des assurances français. Leur prise en charge ne relève pas uniquement de votre contrat automobile : elle est encadrée par un régime légal spécifique qui conditionne l’indemnisation à la publication officielle d’un arrêté gouvernemental.

L’arrêté de catastrophe naturelle : condition sine qua non de l’indemnisation
En France, un événement climatique ou naturel ne peut ouvrir droit à l’indemnisation au titre du régime « Cat Nat » que si un arrêté interministériel portant reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle a été publié au Journal officiel. Cet arrêté précise les communes concernées et la période couverte. Tant que cette reconnaissance officielle n’est pas intervenue, votre assureur ne peut pas déclencher la garantie catastrophes naturelles, quand bien même les dommages subis seraient considérables.
Cela ne signifie pas pour autant qu’il faut attendre la parution de cet arrêté pour agir. Au contraire : dès que vous constatez des dommages sur votre véhicule à la suite d’un épisode climatique, photographiez tout, établissez une liste précise des dégâts et renseignez-vous auprès de votre mairie sur l’éventualité d’une demande de reconnaissance d’état de catastrophe naturelle. Une fois l’arrêté publié, vous disposez de 30 jours pour déclarer le sinistre à votre assureur — un délai nettement plus généreux que les 5 jours habituels, mais qui s’écoule parfois plus vite qu’on ne le pense.
Précisons également que certains dommages causés par des événements climatiques peuvent relever d’autres garanties sans passer par le régime Cat Nat. Une voiture endommagée par des coups de grêle peut par exemple être couverte par une garantie tempête ou grêle incluse dans les formules tous risques, même en l’absence d’arrêté. Renseignez-vous précisément auprès de votre assureur sur les garanties applicables à votre situation.
Modèle de lettre adapté aux catastrophes naturelles
[Votre Nom et Prénom]
[Votre adresse complète]
[Code postal – Ville]
[Numéro de téléphone]
[Adresse e-mail]
Police d'assurance n° [numéro de contrat]
[Ville], le [date]
[Nom de la compagnie d'assurance]
[Adresse de l'assureur]
[Code postal – Ville]
Objet : Déclaration de sinistre automobile – Catastrophe naturelle /
Dommages liés aux intempéries
Envoi : Lettre recommandée avec accusé de réception
Madame, Monsieur,
Je soussigné(e) [Nom Prénom], titulaire du contrat d'assurance auto
n° [numéro de contrat] pour le véhicule [marque, modèle, immatriculation],
vous informe des dommages subis par mon véhicule à la suite d'un événement
naturel survenu le [date de l'événement].
Nature de l'événement : [inondation / tempête / épisode de grêle / chute
d'arbre liée aux vents / coulée de boue / autre — précisez]
Lieu où se trouvait le véhicule au moment du sinistre : [adresse complète]
Description des dommages constatés :
[Liste précise et détaillée des dégâts : carrosserie, vitres, mécanique,
équipements intérieurs, accessoires — précisez si le véhicule est roulant
ou immobilisé et où il peut être expertisé]
[Si un arrêté de reconnaissance de catastrophe naturelle a été publié :]
Je vous informe qu'un arrêté interministériel portant reconnaissance de l'état
de catastrophe naturelle pour la commune de [nom de la commune] a été publié
au Journal officiel le [date de publication]. Je joins une copie de cet arrêté
au présent courrier.
[Si aucun arrêté n'a encore été publié :]
À ce jour, aucun arrêté de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle
n'a été publié pour ma commune. Je déclare néanmoins ce sinistre dès à présent
afin de préserver mes droits, et vous ferai parvenir les documents officiels
dès leur publication.
Vous trouverez en pièce jointe :
– Des photographies des dommages prise le [date]
– [Copie de l'arrêté Cat Nat si disponible]
– [Tout document complémentaire : rapport météorologique local, article
de presse, attestation communale, etc.]
Je vous remercie de bien vouloir m'informer des démarches à suivre et des
délais d'instruction applicables à mon dossier.
Dans l'attente de votre retour, veuillez agréer, Madame, Monsieur,
l'expression de mes salutations distinguées.
[Signature]
[Nom Prénom]
Conseils pour maximiser vos chances d’indemnisation
Disposer d’un bon modèle de lettre est une chose. Savoir l’utiliser à son plein potentiel en est une autre. Plusieurs réflexes, souvent ignorés au moment d’un sinistre, peuvent faire une différence substantielle sur le montant et la rapidité de votre indemnisation.
Les erreurs à éviter dans votre lettre de sinistre
La première erreur, et sans doute la plus fréquente, est la précipitation. Rédiger sa déclaration dans l’heure qui suit le sinistre, alors qu’on est encore sous le coup de l’émotion ou de la fatigue, expose à des oublis, des imprécisions voire des contradictions qui pourront être exploités par l’assureur pour minimiser ou contester la prise en charge. Si le délai légal vous le permet — et dans le cas d’un accident ou d’un bris de glace, vous disposez de 5 jours — prenez le temps de vous poser, de rassembler toutes les informations disponibles et de rédiger votre lettre à tête reposée.
La deuxième erreur est de sous-estimer les dommages par excès de modestie ou par crainte d’une hausse de prime. Déclarez l’intégralité des dégâts constatés, même ceux qui vous semblent mineurs. L’expert automobile mandaté par votre assureur effectuera sa propre évaluation — mais si vous n’avez pas mentionné certains dommages dans votre lettre initiale, il vous sera plus difficile de les faire prendre en compte après coup.
Troisième écueil : les imprécisions chronologiques ou géographiques. Indiquer une heure approximative, un lieu vague ou une date incertaine fragilise d’emblée votre dossier. Si vous n’êtes pas certain de l’heure exacte du sinistre, indiquez une fourchette et expliquez pourquoi — cela est bien plus crédible qu’une heure précise manifestement inventée.
Enfin, méfiez-vous de la tentation de la fausse déclaration, même partielle. Gonfler un peu les dégâts, minimiser sa responsabilité dans l’accident ou passer sous silence des informations défavorables constitue une fraude à l’assurance au sens du droit pénal français. Les conséquences vont de la résiliation immédiate du contrat à des poursuites judiciaires. L’expert automobile est un professionnel expérimenté : les incohérences entre le témoignage écrit et les constats matériels lui sont familières.
Bonus-malus et résiliation : les conséquences à connaître
Beaucoup d’assurés hésitent à déclarer un sinistre de faible ampleur de peur de voir leur prime augmenter. Cette prudence est compréhensible, mais elle mérite d’être nuancée.
Le système du bonus-malus, encadré par l’annexe de l’article A121-1 du Code des assurances, n’affecte votre coefficient que dans le cas d’un sinistre où votre responsabilité est engagée, totalement ou partiellement. Un sinistre non responsable — vous êtes victime d’un tiers clairement identifié et reconnu coupable — n’entraîne aucune majoration. Un bris de glace isolé n’affecte généralement pas non plus le coefficient, sauf s’il survient dans le cadre d’un accident responsable plus large.
En revanche, un sinistre responsable entraîne une majoration de 25 % de votre coefficient, ce qui se répercute mécaniquement sur votre cotisation annuelle. Si cela peut paraître pénalisant à court terme, il faut le mettre en balance avec le coût des réparations non prises en charge : pour un sinistre dont le montant dépasse largement la franchise, la déclaration reste presque toujours financièrement avantageuse.
La résiliation du contrat par l’assureur est une autre crainte fréquente. Elle n’est légalement possible en cours d’année qu’en cas de circonstances particulièrement graves : conduite en état d’ivresse ou sous l’emprise de stupéfiants, infractions entraînant une suspension de permis de plus d’un mois, ou — dans certains contrats — fausse déclaration avérée. Une accumulation de sinistres peut en revanche conduire l’assureur à résilier le contrat à son échéance annuelle ou à ne pas le renouveler. Dans ce cas, un recours auprès du Bureau central de tarification peut permettre d’obtenir une couverture minimale obligatoire.
En résumé : ce qu’il faut retenir
La lettre de déclaration de sinistre automobile n’est pas un document anodin que l’on bâcle en quelques lignes. C’est un acte formel aux implications juridiques et financières réelles, dont la qualité conditionne en grande partie l’issue de votre dossier. Rédigée avec soin, envoyée dans les délais légaux et accompagnée des pièces justificatives appropriées, elle devient votre meilleur allié face à votre compagnie d’assurance.
Retenez les délais essentiels en vigueur en 2026 : 5 jours ouvrés pour un accident, un incendie ou un bris de glace ; 2 jours ouvrés pour un vol ou un acte de vandalisme ; 30 jours à compter de la publication de l’arrêté interministériel pour une catastrophe naturelle. Ces délais courent à partir du moment où vous avez connaissance du sinistre — pas nécessairement à partir de la date de l’événement lui-même.
Quelle que soit la nature du sinistre, l’envoi en lettre recommandée avec accusé de réception reste la méthode la plus sûre. Conservez toujours une copie de l’intégralité de votre dossier — lettre, pièces jointes, accusé de réception — et n’hésitez pas à solliciter votre assureur si vous n’avez pas de nouvelles passé un délai raisonnable. En cas de litige persistant, le médiateur de l’assurance peut être saisi gratuitement et constitue souvent une voie de résolution efficace avant tout recours judiciaire.


