Un Français sur six vit avec des douleurs articulaires chroniques, souvent liées à l’arthrose. Pour éviter une opération ou soulager durablement une inflammation, les infiltrations sont fréquemment prescrites : corticoïdes, acide hyaluronique, PRP… Pourtant, leur prise en charge reste mal comprise.
Faut-il une ordonnance d’un spécialiste ? Tous les produits sont-ils remboursés ? Quelle part est couverte par la Sécurité sociale, et que reste-t-il à payer malgré une bonne mutuelle ?
Ce guide fait le point sur ce que vous pouvez attendre de votre couverture santé en 2025. Il décrypte les différents types d’infiltration, les conditions de remboursement réelles, et les écarts fréquents entre les contrats de complémentaire.
Infiltrations articulaires : quels types sont remboursés ?
Le terme « infiltration » recouvre plusieurs types d’injections utilisées pour soulager les douleurs articulaires. En 2025, toutes ne bénéficient pas du même niveau de remboursement. Le statut de chaque produit dépend de sa nature, de son indication médicale, et de sa reconnaissance par l’Assurance Maladie.

💉 Infiltrations de corticoïdes : remboursement standard par la Sécu
Les corticoïdes (comme la bétaméthasone ou la triamcinolone) sont les infiltrations les plus anciennes et les plus couramment prescrites, notamment en cas d’inflammation aiguë (tendinite, capsulite, arthrose évolutive).
✅ Remboursées à 70 % sur la base du tarif conventionné, elles sont prises en charge par la Sécurité sociale lorsqu’elles sont prescrites par un spécialiste (rhumatologue, orthopédiste, médecin du sport), souvent dans le cadre d’un acte CCAM (codé et reconnu).
👉 Une complémentaire santé responsable prend généralement en charge le ticket modérateur, sauf dépassements d’honoraires hors parcours de soins.
🧪 Viscosupplémentation (Ostenil, Durolane…) : statut incertain
La viscosupplémentation consiste à injecter de l’acide hyaluronique dans l’articulation, principalement pour soulager les douleurs liées à l’arthrose du genou ou de la hanche.
🔎 En 2025, ces produits ne sont plus remboursés par la Sécurité sociale. Le déremboursement est effectif depuis plusieurs années, malgré une efficacité reconnue dans certains cas.
⚠️ Le prix peut varier entre 60 et 150 € par injection, selon le produit utilisé (Ostenil, Ostenil Plus, Durolane, Synvisc, Go-On…). Le remboursement dépend alors exclusivement de la mutuelle, si votre contrat inclut une garantie « actes hors nomenclature » ou « médecine alternative/innovante ».
🧬 PRP (Plasma Riche en Plaquettes) : non remboursé mais parfois soutenu
Le PRP est issu de votre propre sang, centrifugé pour concentrer les plaquettes. Cette infiltration dite « régénérative » est utilisée pour traiter certaines tendinopathies ou douleurs articulaires chroniques.
🚫 Ni la Sécurité sociale, ni la plupart des mutuelles n’en couvrent les frais en standard, le PRP étant encore considéré comme un acte à visée expérimentale ou non validé officiellement.
💡 Toutefois, certaines mutuelles haut de gamme peuvent proposer un forfait annuel innovation (souvent plafonné entre 100 € et 300 €), à activer sur demande.
📊 Tableau comparatif : types d’infiltration et niveau de remboursement
| Type d’infiltration | Produit(s) courants | Remboursement Sécu | Remboursement mutuelle | Reste à charge estimé |
|---|---|---|---|---|
| Corticoïdes | Diprostène, Kenacort… | ✅ 70 % | ✅ Souvent total | 💶 0 à 25 € |
| Acide hyaluronique | Ostenil, Durolane, Synvisc… | ❌ Non | ✅ Selon contrat | 💶 60 à 150 € / injection |
| PRP (Plasma riche en plaquettes) | PRP autologue | ❌ Non | ⚠️ Rare et partiel | 💶 150 à 400 € / séance |
💶 Remboursement infiltration Sécurité Sociale : ce qu’il faut savoir
Le remboursement d’une infiltration articulaire par la Sécurité sociale repose sur des règles précises. Pour être pris en charge, l’acte doit répondre à trois conditions cumulatives : être médicalement justifié, inscrit dans la nomenclature (CCAM) et réalisé dans le cadre du parcours de soins.

📋 Quelles sont les conditions de prise en charge ?
Pour qu’une infiltration soit remboursée par la Sécu, il faut :
- 👉 Une prescription médicale par un professionnel habilité (médecin généraliste ou spécialiste).
- 👉 Un acte codé CCAM, reconnu dans la nomenclature officielle (ex. : code GLFA002 pour infiltration intra-articulaire périphérique).
- 👉 Une réalisation par un médecin conventionné, en secteur 1 ou 2.
💡 En dehors de ces critères, l’Assurance Maladie peut refuser tout remboursement, même partiel.
💰 Taux de remboursement appliqué
Le taux de remboursement dépend du type d’infiltration :
- Corticoïdes : remboursement à 70 % du tarif conventionné (ex. : base de 25 € ou 33,50 €).
- Infiltration dans un hôpital public : souvent 100 % si liée à une affection longue durée (ALD).
- Infiltration avec dépassements d’honoraires : le remboursement se fait sur la base Sécu, mais le dépassement reste à la charge du patient ou de sa mutuelle.
💬 Exemple : pour une infiltration facturée 45 € (tarif secteur 2), la base de remboursement est souvent fixée à 25 €, soit 17,50 € remboursés par l’Assurance Maladie.
La mutuelle couvre également d’autres traitements et médicaments d’arthrose. Pour en savoir plus, consultez notre guide Remboursement de l’arthrose par la mutuelle.
📑 Comprendre les codes CCAM associés
Chaque infiltration est identifiée par un code CCAM (Classification Commune des Actes Médicaux). Ce code est indispensable pour le remboursement automatique.
Voici quelques exemples courants :
| Code CCAM | Intitulé | Base remboursement |
|---|---|---|
| GLFA002 | Infiltration intra-articulaire périphérique | 25 € à 33,50 € |
| GFQE002 | Infiltration épidurale (rachis) | 43,35 € |
| AFLB001 | Infiltration intra-articulaire du genou guidée | 47,15 € |
🛑 Attention : si le médecin ne mentionne pas le bon code, le remboursement peut être retardé ou refusé.
📝 Encadré pratique – Démarches administratives en 4 étapes
Voici les étapes à suivre pour obtenir le remboursement d’une infiltration par la Sécurité sociale :
- 📆 Consulter un médecin (généraliste ou spécialiste) et obtenir une ordonnance.
- 🏥 Effectuer l’infiltration dans un établissement ou cabinet conventionné.
- 📄 S’assurer que le code CCAM figure sur la feuille de soins.
- 💻 Envoyer la feuille de soins à l’Assurance Maladie (si elle n’est pas télétransmise).
💡 Si vous avez une complémentaire santé, le reste à charge peut être automatiquement traité via le tiers payant.
🦵 Cas pratiques par zone articulaire
Le remboursement d’une infiltration dépend aussi de la zone traitée. En effet, selon l’articulation concernée, les produits utilisés, les techniques employées (guidage échographique, arthrographie…), et les codes CCAM peuvent varier, tout comme le reste à charge final.
🦵 Infiltration du genou : arthrose, ménisque, viscosupplémentation
📌 Le genou est l’articulation la plus fréquemment infiltrée en France.
- Corticoïdes : pris en charge par la Sécurité sociale (code GLFA002).
- Ostenil / Durolane (acide hyaluronique) : non remboursés Sécu, coût à la charge du patient.
- PRP : encore en marge, prix élevé (200 à 350 € / séance).
💬 Cas concret :
Mme D., 67 ans, arthrose bilatérale du genou
- Traitement recommandé : 3 injections Ostenil Plus
- Coût total : 330 €
- Remboursement : 0 € Sécurité sociale, 200 € via forfait innovation MAIF
- Reste à charge : 130 €
💪 Infiltration de l’épaule : tendinite, bursite, capsulite
Les infiltrations d’épaule sont fréquentes dans les pathologies inflammatoires ou post-traumatiques.
- Corticoïdes : remboursés à 70 % sur base CCAM.
- PRP ou acide hyaluronique : non remboursés, tarifs élevés.
- Acte souvent réalisé sous guidage échographique (non remboursé sauf ALD).
💬 Exemple chiffré :
M. T., 58 ans, capsulite adhésive
- Infiltration corticoïde sous guidage échographique : 75 €
- Remboursement Sécu : 17,50 €
- Remboursement mutuelle (300 %) : 42 €
- Reste à charge : 15,50 €
🦴 Infiltration de la hanche : plus rare, mais coûteuse
La hanche nécessite souvent une infiltration sous contrôle radiologique ou arthrographie, ce qui augmente les coûts :
- Actes spécialisés, souvent en clinique privée,
- Peu de remboursement sans ALD,
- Produits comme Durolane ou Ostenil Plus coûteux (jusqu’à 180 €/injection).
💬 Exemple réel :
Mme R., 72 ans, coxarthrose modérée
- Injection Durolane en clinique : 165 €
- Remboursement : 0 € Sécu, 75 € mutuelle
- Reste à charge : 90 €
📊 Tableau – Comparatif des cas par articulation
| Zone traitée | Produit infiltré | Coût moyen | Remboursement Sécu | Remboursement mutuelle | Reste à charge |
|---|---|---|---|---|---|
| Genou | Ostenil Plus (3 injections) | 330 € | ❌ Non | ✅ 200 € forfait | 130 € |
| Épaule | Corticoïde + échoguidage | 75 € | ✅ 17,50 € | ✅ 42 € (300 %) | 15,50 € |
| Hanche | Durolane | 165 € | ❌ Non | ✅ 75 € forfait | 90 € |
❌ Que faire en cas de refus de remboursement infiltration ?
Un refus de prise en charge – que ce soit par la Sécurité sociale ou par votre mutuelle – n’est ni rare ni définitif. Encore faut-il bien comprendre les raisons invoquées, et savoir comment exercer vos droits efficacement.

📉 Refus fréquents : les motifs à connaître
Voici les principales raisons pour lesquelles un remboursement peut être refusé :
- ❌ Acte non codé CCAM ou mal codé par le praticien,
- ❌ Produit non remboursable (ex : PRP, Ostenil, Durolane),
- ❌ Prescription absente ou incomplète,
- ❌ Hors parcours de soins coordonnés,
- ❌ Mutuelle sans garantie actes non conventionnés,
- ❌ Absence de facture nominative ou de justificatif médical.
💡 Conseil : vérifiez systématiquement la feuille de soins, les codes inscrits, et les conditions de votre contrat santé.
⚖️ Recours possibles : étapes à suivre
En cas de litige ou de non-remboursement :
- 📞 Contactez d’abord votre mutuelle : demandez une explication écrite et un réexamen du dossier,
- 📄 Fournissez un complément : facture détaillée, ordonnance, certificat médical,
- 📬 Si refus maintenu : saisissez le médiateur de la mutuelle (gratuit),
- 🧾 Pour la Sécu : en cas de désaccord, adressez une réclamation à votre CPAM, puis au conciliateur de l’Assurance Maladie,
- ⚖️ En dernier recours : contactez la CSSCT (commission de recours amiable), voire portez l’affaire devant le tribunal de sécurité sociale (rare).
💡 Financer une infiltration non remboursée : options
Si aucun remboursement n’est possible, vous pouvez envisager :
- ✅ Un forfait innovation ou médecine douce dans une autre mutuelle,
- ✅ Une surcomplémentaire santé pour les actes non pris en charge,
- ✅ Un reste à charge maîtrisé via devis et comparaison,
- ✅ Un crédit santé ou étalement du paiement avec certains centres médicaux,
- ✅ Une demande d’aide exceptionnelle auprès de la CPAM (situation précaire).
🧾 Checklist – Documents à préparer en cas de litige
| 📄 Document | ✅ Utilité |
|---|---|
| Ordonnance médicale | Justifie l’indication |
| Facture nominative détaillée | Précise le produit injecté |
| Code CCAM sur feuille de soins | Indispensable pour remboursement Sécu |
| Attestation de refus (mutuelle) | Sert en cas de médiation |
| Courrier explicatif du médecin | Argumente l’intérêt thérapeutique |
🔮 Perspectives 2025 : évolutions attendues
L’année 2025 marque un tournant pour le remboursement des soins non conventionnés, dont les infiltrations font partie. Entre réformes réglementaires, innovations médicales et pression budgétaire croissante, le cadre est en pleine mutation.
🏛️ Les réformes en cours côté Sécurité sociale
La réforme « Transparence & Efficience » portée par l’Assurance Maladie vise à :
- Réduire les remboursements des actes à faible efficience prouvée,
- Encourager les pratiques guidées par l’évidence scientifique,
- Renforcer le rôle des protocoles de soins validés (ex. : arthrose du genou).
🔍 En pratique, cela pourrait à terme verrouiller davantage les critères de prise en charge, notamment pour les actes hors nomenclature (comme les injections d’acide hyaluronique).
⚙️ Innovations médicales : vers des infiltrations guidées, mieux remboursées ?
La tendance est à la personnalisation et au guidage précis des injections, grâce à :
- L’échographie embarquée (en cabinet),
- Les traceurs injectables,
- L’intelligence artificielle pour cibler les zones inflammées.
📈 Ces nouvelles techniques, plus coûteuses mais mieux tracées, pourraient à moyen terme réintégrer partiellement la nomenclature CCAM, si les essais cliniques en cours confirment leur efficacité.
🎓 Recommandations d’expert : comment optimiser sa couverture en 2025 ?
💼 En tant qu’économiste en assurance, je recommande :
- ✅ Vérifier que votre contrat prévoit un forfait innovation / actes hors nomenclature,
- ✅ Exiger systématiquement un devis et une facture détaillée,
- ✅ Privilégier les contrats responsables avec garanties renforcées sur les actes techniques,
- ✅ Comparer les mutuelles via des simulateurs qui tiennent compte des soins non remboursés,
- ✅ Faire valoir vos droits à la médiation en cas de refus injustifié.
💬 Astuce : une mutuelle qui rembourse l’Ostenil ou le PRP aujourd’hui, c’est une mutuelle qui a anticipé les usages réels de demain.
❓ Foire aux questions – Remboursement des infiltrations par les mutuelles

👉 Les infiltrations sont-elles remboursées par la mutuelle ?
Oui, si elles sont prises en charge par la Sécurité sociale ou si votre contrat inclut un forfait « médecine douce » ou « actes non remboursés ». Vérifiez votre tableau de garanties pour savoir si les produits comme Ostenil ou le PRP sont couverts, même partiellement.
👉 L’Ostenil est-il remboursé par la Sécurité sociale ?
Non. L’Ostenil, comme les autres produits de viscosupplémentation à base d’acide hyaluronique, n’est plus remboursé par la Sécurité sociale depuis plusieurs années. Seules certaines mutuelles peuvent proposer un remboursement partiel selon le contrat souscrit.
👉 Quelle est la différence entre Durolane et Ostenil en termes de remboursement ?
Durolane et Ostenil sont tous deux non remboursés par la Sécu. Toutefois, certains contrats de mutuelle haut de gamme incluent un forfait innovation ou actes non listés qui peut couvrir une partie des frais, souvent entre 50 et 200 euros par an.
👉 L’infiltration PRP est-elle remboursée ?
Non. Le Plasma Riche en Plaquettes (PRP) n’est actuellement ni remboursé par la Sécurité sociale, ni par la majorité des mutuelles. Certains contrats premium peuvent prévoir une aide exceptionnelle ou un forfait innovation sur demande.
👉 Quelle démarche suivre pour se faire rembourser une infiltration ?
Il faut disposer d’une ordonnance médicale, faire réaliser l’acte par un professionnel conventionné, obtenir une feuille de soins avec code CCAM, et envoyer les justificatifs à l’Assurance Maladie. En cas de refus, une médiation peut être engagée.
👉 Combien coûte une infiltration du genou non remboursée ?
Une infiltration avec Ostenil ou Durolane coûte en moyenne entre 100 et 150 euros par injection. Si trois injections sont recommandées, le coût total peut dépasser 300 euros sans prise en charge Sécu.
👉 Que faire si ma mutuelle refuse de me rembourser ?
Vous pouvez d’abord demander un réexamen du dossier, puis saisir le médiateur de votre mutuelle. En cas de litige persistant, il est possible d’adresser une plainte à la CSSCT ou de contacter un défenseur des droits.
👉 Existe-t-il une aide pour les patients à faibles revenus ?
Oui. En cas de difficultés financières, une demande d’aide exceptionnelle peut être adressée à votre CPAM. Certaines mutuelles solidaires proposent aussi des contrats accessibles incluant des forfaits pour soins non remboursés.
🧾 Conclusion – Ce qu’il faut retenir sur le remboursement des infiltrations en 2025
Le remboursement des infiltrations articulaires reste, en 2025, un terrain d’inégalités et d’incompréhensions fréquentes. Entre les produits remboursés (corticoïdes) et ceux totalement à votre charge (Ostenil, PRP, Durolane), la frontière est parfois floue – et les écarts entre mutuelles considérables.
En tant qu’assuré, vous avez le pouvoir d’anticiper vos dépenses, de choisir un contrat adapté, et de défendre vos droits en cas de litige. Dans un contexte budgétaire contraint, comprendre les règles et les contourner légalement devient aussi important que le soin lui-même.
🧠 Mieux informé, vous êtes mieux protégé.
✅ Les 5 points-clés à retenir
- Les infiltrations de corticoïdes sont remboursées par la Sécu (70 %) et par la mutuelle.
- Les viscosupplémentations (Ostenil, Durolane) ne sont plus remboursées par l’Assurance Maladie.
- Le PRP n’est pas remboursé mais parfois partiellement couvert par les mutuelles haut de gamme.
- Les refus de remboursement peuvent être contestés : recours, médiation, aide exceptionnelle.
- Comparer les mutuelles et exiger des garanties claires est essentiel pour limiter le reste à charge.


